Commémoration
- Publié le 7 mars 2022

Joséphine Baker

Vignette
Crédit photo : Illustration : Aline Selli

Depuis la décision de l’ONU en 1975, le 8 mars est la Journée Internationale des Droits des Femmes. Cette année, la Ville de Lyon porte son attention sur le pouvoir des femmes dans la société, et sur l’égalité femme-homme au sein de ses différents secteurs. Aujourd’hui, des inégalités se font encore ressentir dans de nombreux domaines. Mais savez-vous que ce combat pour l’égalité est mené depuis bien longtemps, par des femmes dont le nom va peut-être vous rappeler quelque chose ? Allant de la Résistance, à l’éducation et aux savoirs ou encore dans le domaine du sport, il nous semble important de saluer les actions des femmes qui se cachent derrière ces batailles.

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C’est ainsi que la Mairie du 7e souhaite pour cette journée, honorer leur mémoire en mettant en avant les portraits et l’histoire de celles qui ont donné leur nom aux rues de notre arrondissement. Aline Selli (@les_femmes_danslesruesde_lyon sur Instagram), illustratrice lyonnaise et engagée, redonne vie à toutes ces grandes dames à travers son trait vif et coloré. Le constat d’une invisibilisation des femmes ayant fait l’histoire ne cesse de se confirmer au fil des recherches contemporaines, ce projet a ainsi vocation à visibiliser l’apport des femmes dans l’héritage culturel de toutes et tous.

 

Joséphine Baker, la star aux mille facettes :

Son vrai nom est Freda Josephine McDonald. Elle est née d’une famille très pauvre dans le Missouri, à Saint-Louis. Dès l’âge de 8 ans, elle est placée comme domestique dans des familles blanches et se retrouve confrontée au racisme et aux discriminations. Elle quitte l’école et épouse Willie Baker à l’âge de 13 ans, dont elle conservera le nom malgré leur divorce.

"Je me souviens de l’horreur des émeutes raciales d’East Saint-Louis. (…) Je me vois encore debout sur la rive ouest du Mississippi, regardant la lueur des incendies des maisons des Noirs éclairant le ciel. Nous, les enfants, étions blottis les uns contre les autres, abasourdis, incapables de comprendre l'horrible folie de la violence de la foule." Discours à Saint-Louis, le 3 février 1952.

Pour échapper à cette vie dans laquelle elle ne s’épanouit pas, elle décide d’intégrer une troupe d’artistes de rue et quitte le foyer familial. Son objectif était de devenir célèbre à Broadway, mais c’est pour une revue française qu’elle a été repérée en 1925 : Nègres. Elle fait donc ses débuts dans le monde du spectacle le 2 octobre 1925, après avoir quitté les États-Unis.

« Un jour, j’ai réalisé que j’habitais dans un pays où j’avais peur d’être noire. J’étouffais aux États-Unis. Beaucoup d’entre nous sommes partis, pas parce que nous le voulions, mais parce que nous ne pouvions plus supporter ça… Je me suis sentie libérée à Paris. »

La revue « Nègres » devient très célèbre au théâtre des Champs Élysées en 1925, et c’est aux Folies Bergères que Joséphine Baker connaît un véritable succès, notamment en dansant avec une ceinture de bananes.

Sa chanson « J’ai deux amours, mon pays et Paris » (1929) (paroles de Géo Koger et Henri Varna, sur une musique de Vincent Scotto) fait d’elle une chanteuse, qui rivalisera avec Mistinguett, l’autre star de la fin des Années Folles. Elle est adorée par tout Paris, par toute la France mais aussi toute l’Europe.

En 1937, en épousant Jean Lion, elle acquiert la nationalité française. Elle s’installe au Château des Milandes en Dordogne. Dix ans plus tard, elle fera l’acquisition du château et adoptera 12 enfants de toutes origines, qu’elle appellera sa « tribu arc en ciel ».

Joséphine Baker entame son parcours dans la Résistance française. Elle est recrutée par les Forces françaises libres comme agent de renseignement, et cache entre autre des rapports dans ses partitions. Elle s’engage également auprès de la Croix-Rouge. Par la suite, c’est auprès des services de la France libre, en Métropole et en Afrique du Nord, qu’elle s’engage jusqu’à la Libération. Elle sera décorée de la médaille de la Résistance française avec rosette en 1946, et le 19 août 1961, de la médaille de la Légion d’Honneur et de la Croix de guerre 1939-1945.

"J'ai fait ce que je devais faire… Devinez… J'ai chanté de temps à autres, mais surtout je faisais de la Résistance. Parce que j'avais une seule chose en tête : aider la France à remontrer ce qu’elle était avant, que ce qu'elle avait perdu avec le commencement de la guerre, ce n’était qu’un petit moment de malheur". Interview au JT de 13 h de TF1, le 26 mars 1975.

Elle participe ensuite au mouvement des droits civiques à partir de 1963 aux côtés de Martin Luther King après avoir entendu son fameux discours « I Have a Dream ». Elle marche vêtue de son uniforme de l’armée française.

Contrainte de vendre le Château des Milandes en raison de difficultés financières, Joséphine Baker et sa grande famille trouveront refuge à Monaco. Avec l’aide de la Princesse Grace, Joséphine Baker connaîtra un rebond dans sa carrière. Elle remontera deux ans sur scène avant de décéder le 12 avril 1975 à la suite d’une hémorragie cérébrale.

Le 30 novembre 2021, à la décision du Président Macron, elle est la 1ère femme noire à rentrer au Panthéon.

 

Découvrez les rues de l'arrondissement qui ont reçu le nom d'une femme remarquable !

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 quelques chiffres

Les femmes représentent 10 à 16% des résistants et 10 à 15% des déportés politiques.

À la Libération, seulement 6 femmes ont été Médaillés de la Résistance, parmi les 1059 (1024 hommes) Compagnons de la Libération.

Les femmes représentent 7,6% des membres de Comités Départementaux de la Libération.

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 Boîtes à idées

Nous vous proposons avec cette boîte à idée de soumettre des propositions de noms de femmes qui mériteraient pour leurs actions remarquables de donner leur nom à de futures rues ou places et d'être (re)découverte par les habitantes et habitants de l'arrondissement. 

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