Environnement
- Publié le 31 mars 2021

Lyon, fille de ses « fleuves »

Saône et Rhône ont joué un rôle crucial dans l’histoire de Lyon, avant que la ville ne se détourne d’eux au fil des siècles. Il est temps aujourd’hui de se réconcilier avec ce patrimoine naturel. Pour l'édition de printemps 2021 de sa nouvelle formule trimestrielle, Lyon Citoyen fait le point sur les liens qui unissent Lyon et ses "fleuves". Dans les boîtes aux lettres à partir du 29 mars.

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Fondée à la confluence de la plus grande rivière de France et du fleuve Rhône, Lyon a bénéficié des faveurs induites par cette particularité géographique. « Elle a d’abord été “ une ville de la Saône “, selon les mots de l’historien Jules Michelet. Moins tumultueuse que le Rhône, elle s’est imposée comme l’artère principale du Lugdunum romain puis de la ville médiévale », note le géographe Jean-Paul Bravard. Une vie intense se concentre sur les rives nourricières de la Saône. Des ports, des étals offrent le couvert à la population, comme l’illustre la pirogue-vivier désormais exposée au Musée d’histoire de Lyon à Gadagne. LIEN

Puis, au 18e siècle, la ville se sent à l’étroit. C’est l’époque de l’ingénieur Antoine-Michel Perrache et de son projet de repousser le confluent plus au sud d’Ainay. C’est aussi l’époque de Jacques-Antoine Morand, bâtisseur d’un pont pérenne sur ce Rhône capricieux, pont qui marque le coup d’envoi de l’extension de Lyon sur la rive gauche du fleuve.

Retrouver la v(o)ie fluviale

La grande inondation de 1856 restera comme un baroud d’honneur. Le Rhône est ensuite domestiqué par les canaux de Miribel (1858) et de Jonage (1899). 1899 marque aussi l’inauguration du barrage de Cusset, alors la plus puissante usine hydroélectrique au monde placée au service de l’économie locale.
Le 19e siècle marque un basculement. Endigués, dotés de quais hauts, les cours d’eau ne sont plus les centres d’attention de la vie lyonnaise. On les voit, mais on les pratique peu.
Le 21e siècle voit un regain d’intérêt pour le couple Saône-Rhône, à la hauteur des atouts dont il dispose dans l’adaptation au dérèglement climatique. Tout d’abord, les cours d’eau induisent une baisse de température de 2°C dans leur alentour pendant les fortes chaleurs.
Ils constituent également une opportunité pour des transports décarbonés. Novatrice, la déchèterie flottante River’Tri, initiée par les collectivités et Voies navigables de France, a fait ses preuves quai Fulchiron et va être dupliquée à hauteur du pont Morand.

Fleuve, axe logistique

On peut aller encore plus loin. Comme à Strasbourg, où une péniche délivre quotidiennement jusqu’à 122 tonnes de produits débarqués sur les quais, puis distribués par des vélos-cargos au cœur de la ville. Cette nouvelle logistique urbaine du dernier kilomètre devrait être expérimentée à Lyon dès 2021et profiter de la bordure fluviale de la plupart des arrondissements, aussi bien pour les commerçants que les particuliers.
Au cœur de ces réflexions, figure le port Édouard-Herriot. À proximité, germe l’hôtel de logistique urbaine, porté par LPA. À l’horizon 2023, son interconnexion entre transports fluvial, ferroviaire et routier offrira une palette large pour des livraisons du dernier kilomètre non polluantes (véhicules électriques, au gaz naturel, à l’hydrogène…). Un premier pas vers une ouverture du port sur la ville, souhaitée à la fois par l’exploitant, CNR, et la Ville de Lyon.

Qui n’a jamais eu envie de suivre les ondulations des cours d’eau au moment de laisser son regard dériver à la surface ? Cette invitation au voyage, la ViaRhôna la traduit depuis 2005 avec ses 815 kilomètres de berges cyclables, du Léman à la Méditerranée ; sa petite sœur, la Voie Bleue, parcourt elle 700 km le long de la Saône, du Luxembourg à Lyon. Ces véloroutes sont l’avenir d’un vélotourisme en phase avec son époque.

Fleuves et merveilles

Ces occasions de renouer avec la vie fluviale se développent aussi localement. La future section du Réseau Express Vélo (REV) est déjà apparue sur la rive droite de la Saône. Présente sous forme d’aménagement temporaire entre Neuville et Vaise, puis en « dur » jusqu’à Perrache, elle va se déployer jusqu’à Givors d’ici à 2025. Retrouver les berges, c’est aussi une des ambitions de la requalification de l’ancienne A7 à La Confluence, grâce à des plantations d’arbres et une bande cyclable qui permettra de retrouver les berges « perdues » du Rhône.

Se réconcilier avec les fleuves, c’est aussi célébrer l’eau et ses vertus multiples comme c’est le cas en Thaïlande pour le nouvel an bouddhique, ou, plus près de nous, à Venise, Hambourg ou Bordeaux… Et comme ce fut le cas à Lyon du 9e au 14e siècle lors de la Fête des Merveilles. Pour toutes ces raisons, et aussi parce que la vie festive doit continuer en se réinventant, un nouveau grand événement siglé « Ville de Lyon » est envisagé autour de cette thématique pour la mi-2022.
Comme un retour aux sources.

 

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