Commémoration
- Publié le 3 mars 2022

Simone Iff

Vignette
Crédit photo : Illustration Aline Selli

Depuis la décision de l’ONU en 1975, le 8 mars est la Journée Internationale des Droits des Femmes. Cette année, la Ville de Lyon porte son attention sur le pouvoir des femmes dans la société, et sur l’égalité femme-homme au sein de ses différents secteurs. Aujourd’hui, des inégalités se font encore ressentir dans de nombreux domaines. Mais savez-vous que ce combat pour l’égalité est mené depuis bien longtemps, par des femmes dont le nom va peut-être vous rappeler quelque chose ? Allant de la Résistance, à l’éducation et aux savoirs ou encore dans le domaine du sport, il nous semble important de saluer les actions des femmes qui se cachent derrière ces batailles.

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C’est ainsi que la Mairie du 7e souhaite pour cette journée, honorer leur mémoire en mettant en avant les portraits et l’histoire de celles qui ont donné leur nom aux rues de notre arrondissement. Aline Selli (@les_femmes_danslesruesde_lyon sur Instagram), illustratrice lyonnaise et engagée, redonne vie à toutes ces grandes dames à travers son trait vif et coloré. Le constat d’une invisibilisation des femmes ayant fait l’histoire ne cesse de se confirmer au fil des recherches contemporaines, ce projet a ainsi vocation à visibiliser l’apport des femmes dans l’héritage culturel de toutes et tous.

 

 

Simone Iff et son combat libérateur pour les femmes :

 

Simone Balfet est née le 4 septembre 1924 à Vabre (dans le Tarn). Elle est la fille d’un pasteur. Elle tient ses racines protestataires de ses parents, progressistes investis dans l’aide aux réfugiés.

À 18 ans, elle tombe enceinte sans être mariée. Ses parents et elle doivent quitter leur maison pour fuir le scandale. Elle se marie finalement avec le père de son enfant à 19 ans, Werner Iff, et donne naissance à sa fille en 1943. Ils entrent tous les deux dans la Résistance.

« Werner, mon compagnon, est parti au maquis. Pas moi. Non parce que j’étais femme, mais parce que j’étais mère. Et c’est quelque chose qui est resté noué quelque part dans l’inconscient, au fond de ma mémoire : à partir du moment où on est mère, on ne fait plus de haute montagne, et on ne part pas au maquis »

Le militantisme commence à prendre de la place dans la vie de Simone Iff. C’est comme un travail à temps plein pour elle. Cette vie de militante démarre lorsqu’elle intègre le mouvement Jeunes Femmes, « un groupe de parole et de réflexion », dit-elle. Elle voulait apporter du soutien aux femmes devenues indépendantes lorsque leurs maris ont dû rester actifs dans la société après la guerre. Simone Iff y travaillera de 1958 à 1966, et y restera adhérente jusqu’en 1972.

Le mouvement Jeunes Femmes (MJF) participe à la création de l’association La Maternité Heureuse (1956). C’est ce qui deviendra, en 1960, le Mouvement français pour le Planning familial. Simone Iff en est l’inventrice.

Elle est présidente du Planning familial de 1973 à 1980. Ce mouvement informe notamment sur le contrôle des naissances, un contrôle qu’une loi va interdire lors de son entrée en vigueur en 1920.

« C’est un droit, la détresse n’a rien à voir là-dedans », avait-elle commenté lorsque la notion de « détresse » a été supprimée à la demande des femmes ayant recours à l’avortement.

Les premiers centres de Planning familial ont ouvert en 1961 et beaucoup de personnes étaient déjà intéressées.

Simone Iff veut changer les mentalités au sujet de l’acte sexuel qui ne doit plus être seulement un acte reproducteur, mais aussi un acte de plaisir.

Dans la doctrine protestante, « la sexualité a comme finalité la communication par les corps », d’après Simone Iff.

Enfin, Simone Iff fait en sorte que, dans les centres de Planning familial, le savoir ne soit plus détenu uniquement par les médecins mais aussi par les intervenantes qui accueillent.

Ce combat sur l’information et l’accompagnement est loin d’être terminé puisque les hôtesses d’accueil du Planning familial doivent encore cacher les dossiers des visiteurs. En effet, la police effectue régulièrement des descentes pour vérifier si celles-ci ne divulguaient pas d’informations sur la contraception.

Finalement, en 1967, la loi Neuwirth est instaurée. Elle dépénalise l’usage des moyens contraceptifs. La communication et la diffusion de ces moyens restent la mission du Planning familial.

Le Planning familial oriente souvent les femmes qui souhaitent avorter vers l’étranger. Simone Iff a d’ailleurs elle-même avorté en Suisse et y a envoyé d’autres femmes par la suite.

Simone iff s’occupait aussi de récolter les signatures des femmes ayant avorté pour le Manifeste des « 343 ».

En 1975 est votée la loi Veil, qui prend le sujet de l’avortement sous un axe sanitaire. Mais ce n’est pas forcément l’axe que Simone Iff veut défendre, malgré le soutien qu’elle porte à cette loi. Pour elle, l’avortement est tout d’abord un droit des femmes, et ce combat qu’elle veut mener.

En 1981, elle est appelée comme conseillère chargée des questions de santé au cabinet d’Yvette Roudy, la première ministre des Droits des femmes. Elle se battra aussi pour des places dans les hôpitaux pour l’avortement, et aussi en faveur des prostituées et de leur inclusion professionnelle.

Le dernier poste de Simone Iff sera au Conseil économique et social. Simone Iff décède à Paris, le 29 décembre 2014.

 

Découvrez les rues de l'arrondissement qui ont reçu le nom d'une femme remarquable !

 

Le collectif #NousToutes Rhône qui œuvre pour dénoncer les violences sexistes et sexuelles,  vous raconte les luttes et les combats de Simone Iff :

https://www.noustoutes.org/

 

Colonne de droite 1
 quelques chiffres

Depuis 1990, on compte en France environ 200 000 IVG par an

Pendant le premier confinement de 2020, 141 fiches de demande d’information pour une interruption de grossesse au-delà de 12 semaines ont été enregistrées au Planning familial (soit un peu plus du double que pour la même période en 2019)

En France, 71,9% des femmes sont concernées par la contraception

 

 

Colonne de droite 2

boîte à idées

Nous vous proposons avec cette boîte à idée de soumettre des propositions de noms de femmes qui mériteraient pour leurs actions remarquables de donner leur nom à de futures rues ou places et d'être (re)découverte par les habitantes et habitants de l'arrondissement. 

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