Commémoration
5 février 2026
Commémoration de la rafle de la rue Sainte-Catherine
Rappel historique
En février 1943, Lyon est sous occupation allemande depuis novembre 1942, après l’invasion de la zone sud par la Wehrmacht. La ville, bastion de la Résistance, devient un centre stratégique à la fois pour l’organisation clandestine des résistants et pour la répression menée par les forces nazies.
Klaus Barbie, chef de la Gestapo lyonnaise, mène une politique de traque systématique des Juifs et des résistants, multipliant les arrestations et les interrogatoires sous la torture.
L’Union Générale des Israélites de France (UGIF), créée sous pression allemande par un décret-loi de Vichy le 20 novembre 1941, regroupe toutes les associations juives sous une même structure. Officiellement chargée de fournir une assistance sociale aux Juifs, l’UGIF devient un piège mortel lorsque la Gestapo décide de liquider ses bureaux. L’organisation est en effet surveillée de près par les autorités allemandes et françaises collaborationnistes.
Le 9 février 1943, la Gestapo cible le siège de l’UGIF, situé au 12 rue Sainte-Catherine (Lyon 1er). Klaus Barbie et ses hommes investissent les locaux et procèdent à l’arrestation de 86 personnes, parmi lesquelles des membres de l’UGIF et des Juifs réfugiés venus y chercher protection.
D’abord emprisonnées au Fort Lamothe (Lyon 7e), 84 personnes sont transférées le 12 février au camp de Drancy, centre de transit avant la déportation vers les camps d’extermination nazis. Sur les 86 personnes raflées à Lyon, 80 sont déportées dans les camps d’Auschwitz-Birkenau, Sobibor et Bergen-Belsen. En 1945, seuls trois survivants reviendront de cette déportation.
En 2011, une plaque est apposée au 12 de la rue Sainte-Catherine par l’association des Fils et Filles des déportés juifs de France, en présence de Serge Klarsfeld et Robert Badinter dont le père fit partie des personnes raflées et mourut en camp de concentration.